Bamoungoum. Fô Mitterrand soupçonné d’arnaque

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Le monarque est suspecté d’avoir vendu des parcelles appartenant au patrimoine paternel. Ses frères sont vent debout, et s’opposent à la transaction. Les coups bas pleuvent.

« Les personnes qui s’aventurent à acheter les parcelles querellées le font en pure perte. Ces acquéreurs perdront leur argent car ces terres appartiennent en propre à notre feu père, le roi Fotso Kankeu Jacques. Son prétendu successeur n’a pas qualité pour les céder. » Tels sont ramassés les propos de Kengne Fotso Serge, porte étendard du Collectif des Princes Bamougoum en guerre ouverte avec l’actuel titulaire du trône. C’est un nouvel épisode de ce qui ressemble désormais à une saga familiale.

L’affaire se passe au quartier Kena, lieu dit « Carrefour Congelcam », et oppose les Princes frondeurs au Fô Moumbé. Ce dernier a en effet entrepris de lotir et de vendre un vaste terrain en face de la résidence de l’honorable Ngouchinghé Sylvestre. Le prince Kengne Fotso explique : « Notre père a acquis ce tout cet espace à l’Etat du Cameroun et a obtenu un titre foncier en son nom propre. Cela ne fait donc pas partie du patrimoine de la chefferie Bamoungoum. Monsieur Moumbé n’a pas qualité pour le vendre puisqu’il n’est pas l’héritier légal de notre père. » Ce serait donc une arnaque royale !

Dilatoire 

Cette qualité a été refusée à Moumbé Mitterrand par le tribunal qu’il avait lui-même saisi. En effet, la Cour Suprême avait débouté le concerné dans sa demande d’obtenir un jugement d’hérédité, certains princes s’y étant opposés. Ces derniers, en retour avaient saisi le Tribunal pour demander l’inventaire et le partage des biens de Fotso Kankeu Jacques. Le juge avait commis un Cabinet pour à cette fin. L’expert a déposé son rapport. Selon nos indiscrétions, le défunt était multi milliardaire. 

« C’est sachant qu’il ne peut gagner ce procès, que M. Moumbé s’empresse de vendre nos terres. Il se dit peut-être que la procédure trainera pendant des années. Son avocat a effectivement commencé le dilatoire. Mais nous ne laisserons personne s’installer à cet endroit indûment. » Les Princes, pour décourager les éventuels acheteurs, ont implanté des plaques interdisant la vente sur le site. « Des gens sont venus nuitamment les scier. Il faut se demander à qui profite le crime… » déplore Kengne Fotso. 

On soupçonne les soldats coutumiers du Chef Moumbé d’avoir commis le forfait. Le prince indique que ses frères et lui iront une nouvelle fois jusqu’à la Cour suprême s’il le faut. « S’il y a perdu une fois, il perdra une seconde fois. » Conclut-il avec un sourire malicieux.

Etienne F. Tchinda

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