Bamboutos. Michel Mombio : « Avec François Étapa, les bandits auront à qui parler ! »

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Que peut le 20ème préfet installé lundi 11 janvier 2021 contre les terroristes et les trafiquants en tous genres ? Notre analyste et consultant de Dunamis FM se prononce.

La recommandation forte faite au nouveau préfet des Bamboutos par le gouverneur, fut de remobiliser les troupes et les populations face aux récentes attaques des bandes sécessionnistes à Matazem et renforcer le dispositif sécuritaire dans les arrondissements de Babadjou et de Galim. Interrogé sur les atouts de François Étapa pour y arriver, Michel Mombio répond : « Je crois qu’il a le profil de l’emploi. C’est un homme à poigne qui a déjà roulé sa bosse et ces bandits trouveront à qui parler. J’avais prévu qu’il neutraliserait le bouillant Pierre Kwémo, alors député du Haut-nkam. Il le fit. C’est vrai que, toutes proportions gardées, le défi est différent ici. »

À propos des actions à mener par le préfet, le Consultant estime que François Étapa est mieux outillé pour le savoir. Il ajoute toutefois : « La trop grande caporalisation des Fo’o par le Pouvoir central fut une erreur à mon avis. En effet, ce sont des chefs d’États-nations très organisés, qui avaient leur propre police appelée les Madjong. Si ceux-ci n’avaient pas été amoindris, aucune rébellion n’aurait pu durer. Mais, je note que le gouvernement réaligne les Chefs sur le terrain du jeu politique, au Parlement et surtout la House of chiefs. »

Gare au Moua’nkoum !

Selon notre consultant, le préfet pourrait collaborer avec les Fo’o, et encourager la résurrection des structures sécuritaires traditionnelles. Il ajoute que la vraie solution est de trouver des emplois aux jeunes pour les éloigner des vices. En effet, le gouverneur Awa Fonka Augustine a également prescrit à son collaborateur, la lutte contre la culture et la vente du cannabis. Sur la question, Michel Mombio est étonnant : « Il faut autoriser, régulariser et contrôler la culture et le négoce du cannabis. Certains pays d’Afrique australe en tirent des milliards de Dollars US. L’attitude de l’État est hypocrite et improductive : il sait que cette drogue est plus vendue dans nos prisons. Mais laisse faire car sans elle, les prisonniers qui y vivent moins bien que des chiens, se révolteraient. Alors, pourquoi laisser vendre sournoisement en prison et pas dehors ? »

Évoquant la lutte contre la fabrication des vins et des liqueurs frelatés, et le trafic illicite des médicaments notre consultant reste sur la même ligne. Il fait même mieux : « Ne soyons plus naïfs ! La fraude, au niveau d’un État, n’est pas toujours une mauvaise chose. Nous nous moquions Nigérians quand ils contrefaisaient certains biens, ils sont aujourd’hui très avancés, mieux que nous en tout cas. La Chine ne se gêne pas pour voler les brevets des pays occidentaux. Quant aux médicaments, nos populations, dans leur grande majorité, n’ont pas les moyens d’aller en pharmacie.» 

Selon lui, le Pouvoir devrait regarder ces choses avec un œil nouveau ; il  gagnerait plus à encadrer ces gens, à les sortir de la clandestinité pour exploiter leur savoir-faire. Enfin, interrogé sur des pratiques magiques attribuées aux sécessionnistes, Michel Mombio est mystérieux : « Avant de s’attaquer à François Étapa sur ce plan là, ils devraient se renseigner sur le Moua’nkoum. Comprenne qui peut… »

Marcel NDI, envoyé spécial de Dunamis FM à Mbouda

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